DNC : l’Espagne rouvre ses frontières aux bovins vaccinés du Sud-Ouest, une bouffée d’air pour les éleveurs

Bonne nouvelle pour les éleveurs bovins du Sud-Ouest : les exportations vers l’Espagne vont pouvoir reprendre à partir du mois de mars pour les animaux vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Une annonce très attendue, après plusieurs mois de blocages, de contraintes sanitaires et de pertes économiques sur les exploitations
Une situation qui commençait à peser lourd sur le terrain
Depuis l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) à l’été 2025 dans l’Est de la France, la filière bovine a dû s’adapter dans l’urgence. Très rapidement, les mesures sont tombées : campagnes de vaccination massives, création de zones réglementées, interdictions de mouvements d’animaux, contrôles sanitaires renforcés.
Sur le papier, la stratégie était claire : stopper la propagation de la maladie et protéger les cheptels.
Sur le terrain, la réalité a été bien différente.
Pour les éleveurs, ces décisions se sont traduites par des animaux bloqués, des plannings complètement bouleversés et surtout des débouchés commerciaux qui se sont fermés du jour au lendemain, en particulier à l’export. Par principe de précaution, plusieurs pays importateurs ont fermé leurs frontières, y compris lorsque la situation sanitaire locale était maîtrisée.
Le Sud-Ouest, victime collatérale de la crise
Le Sud-Ouest s’est retrouvé dans une situation particulièrement frustrante. Dans cette région, aucun foyer de DNC n’a été détecté, mais une vaccination préventive a tout de même été mise en place afin de créer un cordon sanitaire autour des zones touchées.
Une décision compréhensible sur le plan sanitaire, mais lourde de conséquences pour les exploitations.
Cette vaccination préventive a entraîné la perte du statut indemne, un élément clé pour l’exportation des bovins. Résultat : des éleveurs qui respectaient toutes les règles se sont retrouvés dans l’impossibilité de vendre leurs animaux à l’étranger, notamment vers l’Espagne, pourtant deuxième marché d’exportation pour les bovins français.
Concrètement, sur les exploitations, cela s’est traduit par :
- des bâtiments qui se remplissent
- des animaux qui restent plus longtemps que prévu
- des charges alimentaires qui augmentent
- une trésorerie mise à rude épreuve
Sur certains élevages, il a même fallu revoir l’organisation des lots dans l’urgence, sans savoir quand la situation se débloquerait.
Un accord sanitaire enfin trouvé avec l’Espagne
Après plusieurs semaines de discussions, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé que l’Espagne acceptait à nouveau les bovins issus du cordon sanitaire du Sud-Ouest, sous conditions sanitaires strictes.
Concrètement, l’accord entrera en vigueur à partir du 10 mars, le temps de respecter le délai réglementaire de 60 jours après la vaccination préventive. Un passage obligatoire pour garantir que l’immunité collective est bien installée avant tout mouvement d’animaux.

Voir aussi » Janvier en agriculture : enjeux économiques et réglementaires pour les agriculteurs
Des conditions toujours très encadrées
Attention toutefois : cette réouverture ne signifie pas un retour immédiat à la normale. Les exportations resteront soumises à plusieurs exigences sanitaires, parmi lesquelles :
- examen clinique des animaux avant départ
- certificat sanitaire renforcé
- traitement des véhicules de transport contre les insectes vecteurs (taons, mouches piqueuses)
- respect strict des zones vaccinales et des délais d’immunité
Dans certains cas, l’éligibilité à l’export se joue commune par commune, ce qui impose encore beaucoup de vigilance et une bonne coordination avec les services vétérinaires.
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Une vaccination massive qui commence à porter ses fruits
Avec plus de 96 % des bovins vaccinés dans le Sud-Ouest et aucun nouveau foyer détecté depuis début janvier, la situation sanitaire s’améliore nettement. Les restrictions sont progressivement levées dans certaines zones, et la filière retrouve enfin un peu de visibilité.
La reprise des échanges avec l’Espagne représente donc un signal positif fort, en particulier pour les éleveurs de jeunes bovins fortement dépendants de ce débouché.
Et maintenant ? Cap sur la stratégie 2026
La prochaine étape sera la définition de la stratégie vaccinale pour 2026, avec une concertation annoncée entre l’État et les professionnels. L’objectif est clair : éviter de revivre une crise similaire, tout en limitant au maximum les impacts économiques sur les exploitations.
Pour rappel, la DNC est une maladie strictement animale, sans aucun risque pour l’homme ni pour la consommation de viande ou de produits laitiers. Mais cette crise l’a rappelé à tous : la gestion sanitaire fait désormais pleinement partie du quotidien des éleveurs, au même titre que l’alimentation, le matériel ou la logistique.


