GNR agricole : une exonération de taxe en avril face à la hausse des carburants

Face à la flambée des prix de l’énergie, le gouvernement a annoncé un plan de soutien ciblé pour plusieurs secteurs fortement dépendants du carburant. L’agriculture en fait partie, avec une mesure spécifique sur le gazole non routier (GNR) utilisé sur les exploitations.

Cette aide, limitée au mois d’avril 2026, vise à apporter un soutien rapide à la trésorerie des agriculteurs, dans un contexte de hausse brutale des coûts liée notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Une exonération du droit d’accise sur le GNR

Concrètement, la mesure annoncée repose sur une exonération du droit d’accise sur le GNR agricole. Cela se traduit par une baisse d’environ 4 centimes d’euro par litre pour les exploitants.

Même si le GNR bénéficie déjà d’une fiscalité réduite, cette exonération représente un allègement immédiat du coût du carburant, dans une période où les charges d’exploitation sont particulièrement élevées.

Le coût de cette mesure pour l’État est estimé à environ 14 millions d’euros sur un mois.

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Un plan global de 70 millions d’euros

Cette décision s’inscrit dans un plan de soutien plus large, qui concerne également le transport routier et la pêche. Au total, l’enveloppe globale atteint environ 70 millions d’euros pour le mois d’avril.

Le transport routier concentre la plus grande part de l’aide, avec près de 50 millions d’euros, sous forme d’un soutien équivalent à 20 centimes par litre de carburant pour les entreprises en difficulté.

Du côté de la pêche, une aide de 5 millions d’euros est prévue, sous forme de remboursement sur les factures de carburant, également à hauteur d’environ 20 centimes par litre.

Un objectif : soutenir la trésorerie à court terme

Au-delà de la mesure sur le carburant, le gouvernement prévoit également d’autres dispositifs pour accompagner les secteurs concernés. Parmi eux :

  • le report de cotisations sociales
  • l’étalement des échéances fiscales
  • l’ouverture de prêts spécifiques via Bpifrance

Ces mesures visent principalement à soulager la trésorerie des exploitations et des entreprises, dans un contexte où le carburant peut représenter une part importante des charges, notamment en période de travaux agricoles.

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Une demande en parallèle sur les engrais

En complément de l’exonération sur le GNR, la France a également demandé au niveau européen une suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais.

L’objectif est de limiter l’impact du coût des intrants importés, dans un contexte où l’Europe reste fortement dépendante des marchés extérieurs pour ces produits.

À défaut de suspension, une compensation pour les agriculteurs est envisagée afin d’éviter une distorsion de concurrence.

Une mesure jugée encore insuffisante

Sur le terrain, cette exonération reste toutefois limitée dans son impact. Une baisse de 4 centimes par litre est jugée insuffisante par une partie de la profession, qui attend des mesures plus fortes face à la hausse des charges.

Certains syndicats agricoles évoquent la nécessité d’un soutien plus important, notamment pour compenser réellement l’augmentation des coûts liés au carburant.

Une réponse ponctuelle dans un contexte incertain

Le plan annoncé par le gouvernement se veut volontairement ciblé et temporaire, limité au mois d’avril. Il est financé par redéploiement de crédits existants, sans ouverture d’un budget supplémentaire.

Si cette approche permet une mise en place rapide, elle pose aussi la question de la durée des aides, dans un contexte où les prix de l’énergie restent volatils.

Pour les agriculteurs, cette exonération constitue donc un soutien ponctuel, mais ne règle pas la question plus large du coût des charges et de la dépendance énergétique des exploitations.