Le marché du maïs en France : Entre défis et opportunités

Alors que la campagne de 2023 s’est conclue sur une note optimiste pour le marché du maïs français, la filière se retrouve à un carrefour stratégique. Confrontée à une concurrence internationale accrue et à la nécessité d’adopter une approche plus écologique, la culture du maïs en France appelle à un renouveau. L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) tire la sonnette d’alarme, appelant à un « sursaut collectif » et un réinvestissement substantiel des autorités pour sauvegarder et renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

Des rendements prometteurs en 2023 malgré un climat capricieux

La campagne maïs 2023 a surpris par sa robustesse face à un climat changeant. Avec des rendements s’élevant à 101 q/ha pour un volume total de 13,1 Mt, les producteurs ont su tirer profit d’un étalement des semis et d’une pluviométrie suffisante, bien que surprenante par sa périodicité. Une telle performance démontre la résilience de cette culture face à des conditions climatiques variables.

L’ombre des importations et la souveraineté alimentaire

Cependant, malgré ces bons chiffres, l’horizon n’est pas totalement dégagé pour les maïsiculteurs français. La baisse notable des surfaces cultivées, qui s’établit à 10 % en 2022, soit une perte de 150 000 ha, témoigne d’une certaine fragilité. Depuis une décennie, la France a perdu près de 500 000 ha dédiés à la culture du maïs. 

Cette situation s’accompagne d’une dépendance croissante aux importations, en particulier depuis des pays aux régulations divergentes. L’Europe, qui fut jadis exportatrice, est désormais le premier importateur mondial de maïs. Cette inversion de la balance commerciale soulève des inquiétudes légitimes quant à la souveraineté alimentaire et énergétique du continent.

Vers une agriculture durable et décarbonée

Le défi est clair : la filière maïs doit évoluer pour répondre aux exigences environnementales sans sacrifier sa productivité. Le maïs présente l’avantage d’avoir l’indice de fréquence de traitement le plus bas parmi les grandes cultures, ce qui laisse entrevoir un chemin vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Toutefois, la transition écologique ne doit pas s’opérer au détriment des agriculteurs, qui subissent déjà une concurrence déloyale en raison des différences de régulation au sein de l’UE.

La question cruciale de l’eau

L’efficience du maïs en termes de consommation d’eau est souvent méconnue. Avec une consommation de 460 m3 d’eau pour produire une tonne de maïs contre 900 m3 pour le soja, le maïs se présente comme une option agricole durable. Toutefois, l’accès à l’eau, essentiel pour l’irrigation, reste un enjeu majeur. L’AGPM plaide pour une augmentation des surfaces irriguées tout en promouvant des pratiques respectueuses de l’environnement.

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